Des témoignages ou l'émotion était toujours ressentit

 Henri GILLES Mort pour la France

Témoignage d’Henri GUERIN, cousin du défunt, âgé de dix ans en 1914 :

«

C’est avec émotion que je me rappelle cette époque. Ange THOMAS de la Houssaye avait une voiture à cheval ; ce sera lui qui se proposa en octobre ou novembre 1914 d’emmener au train à Montfort quatre mobilisés de la classe 15 : son fils François, mon cousin Henri GILLES, François VITRE de la Loye (Louais) et Emmanuel BARIL de l’Aulne. C’étaient des conscrits et surtout des grands copains… Quelques temps après la guerre, mon oncle Mathurin (GILLES) se trouvait à la Houssaye chez Ange THOMAS. Naturellement le souvenir de leurs fils disparus leur revenait en mémoire : « Tu vois Ange, dit Mathurin, des quatre gars que tu as conduits à la gare pas un n’est revenu ! » Henri était son seul fils et ma tante Marie-Jeanne qui l’avait eu à 42 ans, en était inconsolable

 

 

* Marie, la fille de François  MEHAULT, Mort pour la France.

Elle se rappelle :

« J’ai un vague souvenir de mon père ; j’étais vraiment trop petite (trois ans) quand il est parti. Ma mère m’a élevée dans son souvenir. Cependant j’ai vécu une enfance heureuse à la Poulanière ; entourée de voisins charmants et nous étions beaucoup d’enfants dans notre village. Nous allions en bandes à l’école de Saint Péran. Lorsque je fus adulte, ma mère m’a souvent rappelé qu’avant de partir, mon père était allé voir des voisins, monsieur et madame LEBORGNE. Il leur avait fait part de son très mauvais moral : « Je vous dis adieu, ajouta-t-il avant de les quitter, je ne vous reverrai pas ! » mais il ne laissera rien paraître devant maman et moi.Maman ne put jamais faire le pèlerinage sur sa tombe. Elle vivait dans son souvenir, matérialisé par une photo et deux médailles insérées dans un grand cadre. Je la possède toujours.Il y a quelques années, ma fille et mon gendre ainsi que mes deux petites filles, m’ont emmenée sur la tombe de mon père à Cormicy. Ce père qui m’avait tant manqué était là, devant moi ! Mon émotion fut si grande que je ne pus rester… 

 

Témoignage de Marie LECONTE, Niéce de François Vitre Mort pour la France

 

Je me souviens des paroles que disait ma grand-mère Léocadie (soeur de François VITRE) : « Lors de sa dernière permission (avant de rejoindre le front on les envoyait souvent en permission comme pour un dernier adieu) François dit à la personne qui le reconduisait à la gare :

 

« Je te dis ADIEU !

- Oh ! François ne dis pas cela !

- Si ! Quand on retourne sur les lieux d’où je viens, on n’en revient pas ! »

Et Marie conclut : « J’ai toujours gardé ces paroles en mémoire »

.

Théréze Lecomte nièce de François Thomas mort pour la France

 

« J’ai souvent entendu ma mère dire que son frère était venu quelque temps avant sa mort … Son moral était au plus bas. Après avoir embrassé ses parents et ses soeurs, au moment de repartir, il est allé jusque sous le porche pour sortir de la cour, puis il est revenu, a pris sa mère dans ses bras : "Je vous dis Adieu, je ne vous reverrais plus." Tout le monde pleurait à chaudes larmes. »

Le Service des Armées envoya quelques objets ayant appartenu à François mais sa famille ne les reconnut pas

 

Voici les impressions d’une femme, née pendant la guerre et rencontrée à la Nécropole Militaire de La Chalade, très proche de Vauquois :

«

 Je suis née dans le Nord, mais toute petite mes parents sont venus habiter à Varennes en Argonne où je vis toujours. Enfant, quelques années après la guerre ma mère m’emmena à pied visiter la Butte Vauquois, distante de trois km de la maison ; les gens y allaient par curiosité. Je ne sais pas si ma mère s’aperçut à quel point je fus bouleversée par ce lieu sinistre et macabre ; aujourd’hui on ne voit plus rien à part les cratères, eux resteront toujours. Je vais souvent faire un tour dans les nécropoles, on a du mal à comprendre cela de nos jours ; ils sont un bouleversant témoignage de cette guerre et représentent tellement de souffrances pour ces hommes qui l’ont vécue.»

 

Témoignage d’une écolière pendant ce conflit :Voici le témoignage et un petit poème appris dans les écoles à cette époque et encore récité par coeur à 96 ans par Marie-Bernadette BOUCARD du Closel.Au cours de cette guerre, elle fut souvent sollicitée pour écrire ou même simplement lire une lettre chez des parents de mobilisés : il y avait beaucoup d’illettrés à cette époque:

       Le 2 août 1914 éclatait la guerre, j’avais 12 ans, je m’en souviens comme si c’était hier ; mon père âgé de plus de 45 ans, ayant plus de cinq enfants, n’était pas mobilisable ; très sensible, je le revois encore pleurer à l’annonce de cette nouvelle, pensant sans doute aux parents, aux amis et voisins.Des familles ont vu cinq des leurs mobilisés ; des pères de quatre enfants devaient partir… Dans le pays ce fut la consternation, plus de deux-cent furent ainsi appelés.J’ai le souvenir d’un jeune permissionnaire de notre famille, étant orphelin, il venait naturellement travailler à la ferme, je revois toujours les gendarmes lui apporter sa feuille de départ immédiat, ses mains tremblaient et ne pouvant plus parler. Ce sont des images que l’on efface pas de sa mémoire.Je connaissais nombre de ces jeunes, avec leurs frères et soeurs, nous allions ensemble à l’école ou au catéchisme, ce n’était pas des va-t-en guerre ; ils aimaient leur pays et leur terre, beaucoup travaillaient dans les fermes chez leurs parents, quelques uns allaient gagner leur pain dans la région. C’est le coeur gros qu’ils durent tout quitter. Ne vous fiez pas aux images de légende où l’on voit des trains de mobilisés partir joyeux ; ils ont répondu à un appel de leur pays menacé, dans son intégrité territoriale par un envahisseur avide d’expansion et d’hégémonie sur le monde, n’hésitant pas lui-même à sacrifier sa propre jeunesse.Ces jeunes, inscrits au Monument aux Morts, ont été sacrifiés non pour la gloire, mais pour défendre la Liberté, l’Egalité, la Fraternité, et je puis l’espérer, l’amitié entre les peuples. Puissions-nous nous en souvenir.

      Voici une petite complainte de cette époque qui me revient en mémoire

 

Complainte après une bataille durant la Grande Guerre 1914-1918

Les plaintes et les cris qui montent de la plaine,

C’est ton appel ému, petit blessé Français ;

Car ton sang a rougi ta capote de laine

Et le sol couvert de tes caillots épais.

Voici le brancardier qui s’approche et se penche

En dépit des fusils qui le prennent pour but

La Croix-Rouge qu’il porte enroulée à sa manche,Est pour toi le salut

 

Quelques photos de morts pour la France

Des Monterfilois pendant et après la Guerre

Famille Berthelot en 1919 2 enfants sont morts a la guerre Léon et Pierre
Famille Berthelot en 1919 2 enfants sont morts a la guerre Léon et Pierre

Ecoutons l’émouvant témoignage de Maria SAULNIER, dix ans en 1914, et sœur de Léon et Pierre Mort Pour la France

:Famille BERTHELOT de la Jubésais

:fils partent à la guerre 14-18. 2 sont morts , à 13 jours d’intervalle : (Léon l’aîné porté disparu et Pierre son cadet). 3 autres sont aussi mobilisés en1939. Photo prise sitôt après 1918. Maria, debout au 2ème à droite, est l’auteur du témoignage ci-dessous.« J’avais dix ans quand la guerre a éclaté. Léon et Pierre étaient les aînés, mais je me souviens mieux de Pierre, il travaillait à la Guillois chez Fançois BERHAULT qui mourut lui aussi à la guerre. Avant de partir (à la guerre), Pierre n’était pas loin et venait souvent à la maison. Léon travaillait sur Talensac, il avait une fiancée et prévoyait de se marier au retour du service militaire. Mes parents ne reçurent jamais d’avis de décès concernant Léon pendant le conflit. Des camarades de combat ont dit qu’il aurait été noyé dans un étang. Il fut officiellement " porté disparu ".Quant à Pierre, je revois Monsieur CLEMENT, secrétaire de mairie à Monterfil, apporter la nouvelle de son décès. Quand mes parents l’ont vu, ça n’a été qu’un cri : « Il y en a un de mort !»Même si nous étions nombreux, nos parents nous aimaient tous, et la mort de deux d’entre nous fut un déchirement.Joseph, un autre frère, devra partir quelques jours après l’avis de décès, il ne voulait pas y aller. Quelqu’un l’emmena au train à Montfort et dut le persuader d’y monter (un jour de retard et il était porté déserteur !). Baptiste, encore un autre frère, partira en 1917 : mes parents tenteront des démarches pour qu’il n’aille pas au front. Ma famille a payé un lourd tribu à la guerre !

 

Mariage de Jean Carré avec Félicité Berthelot, 3 semaines avant la déclaration de guerre il fut tué au combat le 3 septembre 1914 en Belgique a 31 ans
Mariage de Jean Carré avec Félicité Berthelot, 3 semaines avant la déclaration de guerre il fut tué au combat le 3 septembre 1914 en Belgique a 31 ans
 Emmanuel GUYOMARD Mort de la grippe Espagnole quelque jours avant sa démobilisation en novembre 1918 ; à droite :au centre l’épouse : Eugénie ROCHEREUIL: Photo prise au mois d'octobre au cours d'une permision
Emmanuel GUYOMARD Mort de la grippe Espagnole quelque jours avant sa démobilisation en novembre 1918 ; à droite :au centre l’épouse : Eugénie ROCHEREUIL: Photo prise au mois d'octobre au cours d'une permision
La cavalerie était encore très présente ô cours de cette guerre: sur cette photo le cavalier de droite un jeune de Monterfil Léopold Bougeard du village de la Bétangeais
La cavalerie était encore très présente ô cours de cette guerre: sur cette photo le cavalier de droite un jeune de Monterfil Léopold Bougeard du village de la Bétangeais
Parmi les chauffeurs qui on conduit un camion pendant la guerre un jeune de Monterfil Pierre Lecomte du village de la Barre
Parmi les chauffeurs qui on conduit un camion pendant la guerre un jeune de Monterfil Pierre Lecomte du village de la Barre
Téophile  DUAULT Porte drapeau jeune séminariste il fait son service militaire, les Abbés Paul Jumel, Eugène LECOMTE de Monterfil et l'Abbé Colombel Vicaire a Monterfil

Pèlerinage a Lourdes en en 1923 des anciens combattants accompagné de jeunes adolescent pour certains leurs père es mort a la guerre

Sur cette photo des personnes que Monterfil a bien connu,

 

 

Rremise  de la médaille militaire à Théodore.Angot par le Maire Louis-Gabriel Oberthür: fût blessé au cours de la guerre par un éclat d’obus à une main et perdit l’usage de ses doigts.
Rremise de la médaille militaire à Théodore.Angot par le Maire Louis-Gabriel Oberthür: fût blessé au cours de la guerre par un éclat d’obus à une main et perdit l’usage de ses doigts.

Voici ce qu’écrivait Maurice GENEVOIX, Sous-Lieutenant au 106ème R.I. à sa famille le 22 mars 1915 lors de la bataille des Éparges (extraits)

 

:« …Je devrais me taire, refouler ça au fond de moi, je ne peux pas, ça monte…il va falloir que ça crève.J’ai vu trop de choses dégoûtantes pour être dupe encore des mots…Pourquoi nous battons-nous, maintenant et de cette façon ? Pour défendre quoi ? Gagner quoi ? Ces gens-là se leurrent volontairement !Des milliers de morts, déjà, pour ce lambeau d’une colline dont le sommet nous échappe toujours… charretée par charretée, mais beaucoup de charretées à la file…J’aurais tant à vous dire !…Déloger les Allemands d’une crête stratégique importante ? D’un bastion avancé sur la Woêvre . Derrière la colline des Éparges, la montagne de Combres se dressera devant nous. Et derrière Combres, d’autres collines. Dix mille morts par colline, est-ce que c’est cela que l’on veut ? Alors ?…Le pire, le terrible, c’est la clairvoyance des hommes. Lente à s’éveiller, mais qui s’éveille. Est-ce qu’on s’aperçoit qu’elle s’éveille ? »

 

. (Avait-il déjà un pressentiment des mutineries de 1917 ?).Maurice GENEVOIX, qui fut membre de l’Académie Française et Président du Comité du Souvenir de Verdun, a écrit un livre "Ceux de Verdun"

 

 


Site réalisé sous la responsabilité de Alexandre BOUCARD, historien sur la commune de Monterfil

 

Correction de texte. Edmond et Henri BOUCARD

 

Textes extraits des livres:"Monterfil sous l'occupation" et "Monterfil ses Habitants, sa Mémoire"

 

 L'

 

Photo du header : retrouvée dans les archives de Pierre Leborgne, maire de Monterfil de 1945 à 1965.

 Sur la photo, 8èmeen partant de la gauche, Pierre Lefeuvre maire de Monterfil de 1965 à 1977

 

www.fnaca.org

 

 

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